BIOGRAPHIE

Originaire de l’Abitibi, Audrée Juteau obtient son diplôme de LADMMI (maintenant appelée l’École de danse contemporaine de Montréal) en 2003. Interprète chevronnée, elle travaille avec plusieurs chorégraphes et compagnies tels Katie Ward, Deborah Dunn, Estelle Clareton, Sonya Biernath, Jordi Ventura, Aurélie Pedron et la Fondation Jean-Pierre Perreault (dans l’ultime tournée de Joe). Puis, en 2016, elle termine sa maîtrise en danse contemporaine à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Attirée par le flux créatif résultant de la rencontre artistique, Audrée réalise ses premières expériences chorégraphiques au sein du groupe The Choreographers — avec Peter Trosztmer, Katie Ward et Thea Patterson. La porosité entre la performance et la vie la fascine et en 2012 elle décide d’entreprendre sa propre démarche. S’en suit une série de créations Poisson (2013), Youme (2013), Sam affecte (2015), et plus récemment Les Strange strangers toutes imbibées de cette approche singulière qu’elle cultive. Plusieurs partenaires soutiennent et accueillent son travail ; Studio 303, Tangente, CCOV, Mains d’œuvres, (Paris), Vermont Performance Lab… et favorisent le développement de ses projets artistiques.

Récipiendaire le la bourse DanceWeb 2010 — ImPlusTanz (Autriche) octroyée par Jardin d’Europe et du prix David-Kilburn (2015) - Audrée reçoit les appuis récurrents du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts du Canada depuis ses débuts en 2004. En 2018, Juteau met sur pied L’Annexe-A, organisme de création et de soutien aux artistes. Situé dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue (Québec), le lieu accueillera les artistes qui souhaitent créer ou explorer un projet dans des conditions d’incubation, loin des grands centres urbains. Les premières ébauches de sa prochaine création y seront tracées.

DÉMARCHE ARTISTIQUE

Mon travail se situe à la limite de la danse et de la performance et recèle toujours une part d’imprévisibilité tout en étant structuré. Dans mes pièces, je recherche à célébrer une certaine indissociabilité de l’être à son environnement. Je m’inspire depuis plusieurs années de la philosophie de l’affect qui met sur un même pied d’égalité les êtres, les animaux et les objets, déhiérarchise nos rapports à l’environnement.

Je m’intéresse à une décentralisation de la volonté de l’artiste afin de créer de nouveaux rapports à la création et ouvrir ainsi de nouvelles expériences chorégraphiques. Dans deux créations (Poisson et Sam affecte), cette décentralisation de la volonté s’est trouvée accrue en travaillant avec un chien. Je m’intéressais à ses manières d’habiter le monde chorégraphique, le considérant comme un performeur à part entière avec le même pouvoir d’affecter le public que ses partenaires (humains) de scène. Ses rapports particuliers qu’il a avec le monde ainsi que ses rapports non humains à l’espace et au temps se sont retrouvés au cœur des créations. Dans ma dernière création Les Strange strangers, les objets inanimés étaient considérés comme étant pourvu de ce même pouvoir d’affecter et je travaillais avec l’auto-hypnose dans le processus de création comme moyen de décentraliser la volonté.

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